Breaking silences and including everyone in the conversation An important aspect of education that drives destigmatization is breaking silences

I dokument Normalizing the Natural A study of menstrual product destigmatization (sidor 120-132)

5. Reclassifying Menstrual Products

5.1. Reclassifying on the individual level: Educating

5.1.1. Breaking silences and including everyone in the conversation An important aspect of education that drives destigmatization is breaking silences

On donnera ici la flexion sur la première personne, les trois personnes du singulier se comportant de la même manière.

Au masculin : css mes, crs men, csp mi, crp mes Au féminin : csrs me, csrp mes.

P4 : masculin : css nos, crs no, csp no, crp nos ; féminin : singulier no, pluriel nos

P5 : masculin : css vos, crs vo, csp vo, crp vos ; féminin : singulier vo, pluriel vos

P6 : leur, lor.

Me, te, se (articles féminins) s’élident devant voyelle : Lam 1186 t’ame, Lam 1829 m’ame ; Lam 1805 m’entente.

La forme normale dans le manuscrit pour le régime singulier masculin, quand celui-ci est bien distingué du féminin, est men, ten, sen. C’est un trait picard. On relève quelques rares formes franciennes dans le Registre : Lam 28 son createur, Lam 89 a son pooir, Lam 1970 mon temps, Et 159 son despens.

Aux personnes 4 et 5, le picard adopte des formes affaiblies : no, vo pour le francien nostre, vostre, nos et vos pour noz, voz. Les formes affaiblies sont seules représentées dans le Registre : Lam 1531 vo diestre, 1532 vo seniestre, Or II 20 vo glore (crs) et vos fiuls (css). On note un certain flottement dans les accords en Or III 15 : vo mains, vos piet claucefÿet (on attendrait : « vos mains, vo piet… » ou « vos piés »)

L’article possessif de sixième personne, leur ou lor, est en général invariable : Lam 569 leur necessités, crp ; Lam 330 leur entencions, Non 504 leur amis, Lam 1357 leur choses. Il y a toutefois quelques cas de « s » analogique au pluriel : Lam 708 a leurs vies, Prol 474 : leurs boins corages, Et 69 lors alÿés, Mon 1359 : leurs grans wagnages, Non 388 : leurs armes.

La répartition au cas régime singulier des possessifs de personne 1, 2, 3 en formes masculines (men, ten , sen) ou féminines (me, te, se) pose problème : on trouve régulièrement se + nom masculin, sen + nom féminin. On pourrait penser à des oublis de barre de nasalité sur les masculins, mais les formes développées sont plus fréquentes que les formes abrégées, ce qui exclut en partie l’hypothèse. Gossen (§ 66) y voit une particularité dialectale propre à la région de Tournai : « Les parlers actuels, dans une zone qui couvre à peu près le Hainaut et le Tournaisis, ont, à la place de men, ten, sen, des possessifs qui remontent à me, te, se, traits propres au wallon (c.f. Remacle, p.86 : mi pére, a m’frére ; dans la scripta : Lambers se freres 12481). Les nombreux exemples de se au lieu de sen qu’attestent les Poésies de Gillon Le Muisit, originaire de Tournai (se peuple, se jugement, se couvent, etc.), s’expliqueraient mieux ainsi que par l’oubli de la barre de nasalité. ».

Le wallon aurait donc eu me, te, se aux deux genres. L’examen des occurrences du texte amène à nuancer cette hypothèse : il y a bien plutôt emploi des deux formes, « masculine » et « féminine », mais selon des critères assez particuliers. Les listes suivantes en témoignent :

Me, te, se + masculin : Lam 1252 de te Dieu, Med 10 : me temps, Med 237 : me temps, Med 510 se angele, Prol 302 se lait Prol 440, Prol 444 : se peuple, Mon 180 : a se loire, Mon 314 : me sens, Mon 545 : se couvent, Mon 803 : se salut, Mon 830 : se jugement, Non 80 me petit sens, Non 299 : se corps, Non 674 : se corps.

Men, ten, sen + féminin : Lam 17 men enfanche, Lam 1583 men enfance, Lam 2116 men affaire, Med 370 sen aïde, Prol 41 en men enfanche, Prol 64 men estudie, Mon 782 sen aumare, Mon 1516 sen aÿe, Mon 1544 sen orde (« son ordre », ord(e)ne est féminin), Non 55 : sen humilitet, Non 638 sen esperanche, Non 640 sen enfanche, Beg 101 : men enfanche, OM 345 : sen humilité, OM 781 : sen afaire, OM 904 : sen afaire.

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Notons que Remacle remarque surtout dans le paragraphe en question (§ 51, p. 86) la prédominance au féminin, pour les articles et articles possessifs, des formes à voyelle caduque face aux rares formes en « a » : « Le phénomène wallon et picard remonte au moyen âge : à preuve les formes féminines le, me… de la scripta ». Il signale aussi la contagion vers le masculin de ces formes à voyelle caduque, mais sans mentionner le cas inverse des formes « longues » au féminin.

Précisons tout d’abord que cette liste n’a été établie que sur des « cas problèmes », l’alternance masculin/féminin étant en général respectée : Lam 1249 sen non, Lam 1256 ti enfant, te maisnie, Or I 60 m’ame et men corps…Mais les « irrégularités » sont suffisamment nombreuses, dans un texte en général rigoureux, pour appeler les observations.

On peut affirmer avec Gossen qu’il y a une certaine tendance à privilégier la forme avec voyelle caduque, qui dépasse le genre féminin. Si l’on n’admet pas l’hypothèse de l’oubli de la barre de nasalité, on peut aussi rejeter celle de l’hésitation sur le genre du substantif : Dieu, peuple, loire, sens, couvent, salut, lait ou corps sont peu susceptibles d’être féminins. Certains sont d’ailleurs déterminés à l’occasion par un article possessif « masculin » : Lam 1970 mon temps, Prol 474 sen peuple.

L’hésitation sur le genre du mot paraît aussi improbable dans la deuxième liste, dont l’existence même prouve que les formes à voyelle caduque ne bénéficient pas d’une faveur inconditionnelle puisqu’elles sont concurrencées, sur leur propre terrain, par les formes nasalisées. On remarquera cependant que peu de mots sont concernés : enfance (six occurrences), affaire (trois occurrences), humilitet (deux occurrences), aïde (deux occurrences), orde, aumare et estudie. Le point commun le plus évident entre ces sept mots est leur initiale vocalique. Ne peut-on pas dès lors supposer que la répartition entre formes à voyelle caduque (donc élidables) et formes nasalisées obéit à des raisons prosodiques ? Remplacer s’enfance par sen enfance ajoute une syllabe au vers. Quand on pense que des mots comme virgene, ordene, jovene sont tantôt disyllabiques, tantôt trisyllabiques selon les besoins de la métrique, que dÿable alterne avec dyable pour les mêmes raisons, l’hypothèse peut se défendre. La langue française avait deux solutions pour éviter l’hiatus : l’élision, ou la liaison, autrement dit le choix de la forme longue d’un morphème. Dans le cas des possessifs, c’est la seconde solution qui l’a emporté, au mépris de la rigueur dans la répartition selon les genres : mon amie au lieu de m’amie. On pourrait déceler un pas vers ce choix dans le Registe de Gilles Le Muisit. Dans la première liste, tous les noms commencent par une consonne ; devant voyelle c’est la forme « normale » nasalisée qui apparaît, à l’exception de Med 510, se angele, d’ailleurs marquée par Scheler comme forme « manifestement fautive » (p. 122).

Il y aurait donc concurrence entre deux tendances : l’une, dialectale, qui privilégie les formes à voyelle caduque, d’où les me, te, se y compris devant nom masculin mais commençant par une consonne ; l’autre, prosodique, qui fait préférer la « forme longue » du possessif devant voyelle, quand l’élision ne paraît pas satisfaisante.

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