Goal-oriented organizational behavior

I dokument Pricing Capability and Its Strategic Dimensions Hallberg, Niklas Lars (sidor 84-91)

4. Agency, uncertainty and pricing capability

4.1 Goal-oriented organizational behavior

Depuis longtemps, la place de l’homme dans la société a été clairement définie. Une œuvre interpelle à ce titre notre attention, il s’agit d’Ondine. Cette pièce confronte deux univers, celui de la nature vierge et celui des hommes pour le moins corrompu. En faisant la connaissance de la société humaine, Ondine ne manque pas de reconnaître ce trait civilisationnel :

(Ondine) : Oh non ! Hans d’abord. C’est le garçon. Il passe le premier. Il commande…Ondine est la fille…Elle est un pas en arrière…Elle se tait.1 (I,

5).

Ces propos montrent bien que la femme a toujours conscience d’exister par et pour son conjoint uniquement. « Instrumentalisée par son mari »2, elle ne peut jamais acquérir son indépendance. Toutes les images traditionnelles confirment cette représentation. France Quéré mentionne la nature quasi « animale »3 de la femme définie par l’ « astheneia ».4

Le christianisme avait ajouté sa caution religieuse : la femme a été tirée de l’homme et elle est faite pour l’homme. Création seconde, secondante et secondaire.5

Tout un rituel consiste à la confiner dans ce rôle. Ainsi dans Choix des Élues, le cérémonial du lever tend implicitement à nous montrer l’homme dominant la femme même dans les menus gestes du quotidien :

Pierre commençait sa journée en enjambant sa femme, ou en l’écrasant, ou en la surmontant, […].6

Les trois participes présents employés dans un crescendo illustrent cette supériorité. Mais toutes les femmes n’acceptent pas leur sort et quelques unes entreprennent de livrer leur propre combat. Certaines héroïnes décident alors de briser

1 Ondine, op. cit., p. 771.

2 Électre ou l’Intransigeance, op. cit., p. 148. 3 L’Amour, Le Couple, p. 19.

4 Ibid., p. 19. 5 Ibid., p. 21.

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ce carcan social en dénonçant ouvertement leur conjoint. Le discours des femmes devient alors le réceptacle des superlatifs dépréciatifs. L’homme n’a plus d’importance, il est défini en ces termes dans Juliette au pays des hommes :

C’était le mannequin de tant de noblesses, de tant de lâchetés ! 1

Dans cette œuvre, la jeune femme prend progressivement conscience de son importance et entreprend le procès de son fiancé.

Forts de l’évolution de certaines mentalités, certains poètes ont décidé de redonner à la représentation de la femme ses lettres de noblesse. Ainsi dans le « Sacre de la femme », Victor Hugo, poète précurseur en ce sens, se montre en accord avec la nature :

Mais, ce jour-là, ces yeux innombrables qu’entrouvre L’infini sous les plis du voile qui le couvre,

S’attachaient sur l’épouse et non pas sur l’époux, Comme si, dans ce jour religieux et doux, Béni parmi les jours et parmi les aurores, Aux nids ailés perdus sous les branches sonores, Au nuage, aux ruisseaux, aux frissonnants essaims, Aux bêtes, aux cailloux, à tous ces êtres saints Que de mots ténébreux la terre aujourd’hui nomme,

La femme eût apparu plus auguste que l’homme ! (La Légende des siècles)2

Ce poème pourrait s’appliquer à merveille à l’œuvre. En effet, la femme semble avoir pris conscience de son envergure, ce qui va mettre à mal le statut de l’homme. Certains passages dans Pour Lucrèce s’apparentent à de magnifiques poèmes qui redorent le blason de la femme :

(Paola) : L’homme le plus volontaire n’est qu’une esquisse, qu’un barbouillage sur le décor

humain. Aussi sa bouche, ses mains se promènent-elles à tâtons sur la création. Toute femme est comme toi, belle Lucile, achevée comme une clef.3 (I,

10)

Nous sommes bien loin de l’image traditionnelle qui fait de l’être féminin une créature imparfaite sur qui pèse la malédiction originelle. En prenant conscience de sa

1 Juliette au pays des hommes, op. cit., p. 870.

2 Victor Hugo, La Légende des siècles, D’Ève à Jésus « Le sacre de la femme », Bibliothèque de la

Pléiade, Texte établi et annoté par Jacques Truchet, Gallimard, 1950, pp. 23-24.

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réelle valeur, l’épouse dénonce cette comédie humaine. Dans Sodome et Gomorrhe, Lia décrit son époux par le biais d’un oxymore :

Il m’est né, le soir de mes noces, de ma première étreinte, ce nain géant, ce parleur muet.1

(I, 1)

Tout comme l’homme qui s’est affranchi de la tutelle divine en prenant conscience de sa force, la femme s’est détachée du joug masculin. Sa faiblesse n’est plus une fatalité, elle espère s’en servir pour vaincre son époux. Dans Sodome et

Gomorrhe, Jean semble avoir pris conscience de l’importance que la femme est en train

d’acquérir :

(Jean) : Tu as placé la délégation de ta prévision et de ta force sur son compagnon faible et

indécis, sur la femme. Elle est là, près de l’homme ; elle porte sur soi toutes les vraies armes de l’homme, comme l’écuyer dans la bataille près de son maître.2(I, 2)

Tous les paradoxes sont réunis pour exprimer la véritable valeur de l’homme. À présent, ce n’est plus lui qui façonne sa femme telle une nouvelle Galatée, puisque c’est elle qui le fige dans une position bien déterminée :

Vous n’êtes pas pour elle un homme : vous n’êtes qu’un mannequin d’homme qu’elle entretient pour avoir tout de suite autour d’elle, quand celui qu‘elle aime fait défaut, la forme et l’amour des hommes.3

L’homme ne constitue plus une valeur sûre. C’est ce constat qu’établit Bertha dans Ondine lorsqu’elle avoue :

(Bertha): Mon secret, Hans ? Mon secret et ma faute ? Je pensais que vous l’aviez compris. C’est que j’ai cru à la gloire. Pas à la mienne. A celle de l’homme que j’aimais.4 (II,

4)

L’époux viril n’est qu’un mirage qu’on entretient dans la conscience de la jeune fille et Lia ironise sur cette représentation en ces termes :

1 Sodome et Gomorrhe, op. cit., p. 865. 2 Ibid., p. 874.

3 Pour Lucrèce, op. cit., p. 1063. 4 Ondine, op. cit., p. 798.

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(Lia) : Cet être avec sa panoplie de biceps et de devoirs promis à toute vierge, il n’existe pas.1(II,

8)

Outre l’époux, la place du père s’en trouve incontestablement ébranlée. Choix des

Élues en est un parfait exemple, c’est sur un ton ironique qu’on remet en cause la sacro-

sainte place du père. Aussi lorsque Pierre demande à son épouse de lui servir un cornichon, celle-ci « [...] prit celui qui, par son architecture, sa sculpture, ses reliefs, revendiquait le titre de cornichon du chef de famille, [...]».2

Les œuvres illustrent dans leur majorité, cette désillusion féminine. Aventures de

Jérôme Bardini offre vraisemblablement l’exemple le plus pertinent. En effet, Jérôme,

ce mari et père de famille qui a fui son destin à la rencontre d’un autre est finalement réduit pour Stéphy à une « ombre ».

La pensée de Giraudoux ne fait qu’illustrer l’évolution de certaines mentalités dont d’autres auteurs avant lui ont été les précurseurs. Ainsi dans son roman La Femme

de trente ans, Balzac illustre ce désenchantement. Le père de Julie veut éviter à sa fille

une déception en la mettant en garde contre le charme artificiel des jeunes hommes : La trompeuse apparence qu’elles ont embellie, leur première idole enfin se change en un squelette odieux.3

L’antithèse entre le substantif « idole » et l’image effrayante du squelette dit

l’envers des choses. Dans Juliette au pays des Hommes, c’est ce même contraste qui est exprimé. Le décorum s’effondre de lui-même et la femme découvre alors toute la vulnérabilité de son conjoint :

Enfin il se tourna, et elle le vit de face. Il était musclé. Elle vit une sorte d’armure sur laquelle étaient vissées la tête et les mains ses amies. […]. Un insecte l’effleura. Toute l’armure frémit… 4

1 Sodome et Gomorrhe, op. cit., p. 910. 2 Choix des Élues, op. cit., p. 488.

3 La Femme de Trente ans, op. cit., p. 1050. 4 Juliette au pays des hommes, op. cit., p. 870.

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La femme comprend progressivement que l’homme n’est tout au plus qu’une figure chimérique, un colosse au pied d’argile, une image factice destinée à s’effacer au fur et à mesure de la vie conjugale comme le rappelle Lia :

(Lia) : Dans ce cœur des nuits où je me sens ma propre vérité, je couchais avec mon faux mari, mes bras autour de ses riens étrangers, ma gorge contre sa poitrine factice, et tout le reste.1. (I,

1)

Dans Juliette au pays des hommes, la jeune fille se trouve mise en présence d’un « homme éphémère ».2 Cette expression témoigne à plus d’un égard de la figure

masculine qui demeure fondamentalement fragile et aléatoire.

L’homme moderne n’est plus l’Hercule des temps antiques, celui dont la force est venue à bout de tous les obstacles. Par conséquent, la femme n’est plus en position d’admirer cette force vivante, ce qui explique sa prise de distance vis-à-vis de son époux. Dans La Menteuse, Nelly perçoit aussi toute la vulnérabilité de son partenaire qu’elle entrevoit comme « un pauvre et misérable homme, incapable de vivre dans cette belle forêt vierge qu’est le monde, […] ».3

Dès lors, les assises sur lesquelles le couple était fondé se trouvent ébranlées ; les rôles se sont sensiblement inversés. Les hommes eux-mêmes ont parfois du mal à admettre ce renversement des valeurs et à accepter ce nouveau pouvoir octroyé à la femme. Dans

Églantine, les données sont inversées, désormais Moïse découvre une autre figure

féminine :

Moïse pour la première fois dans sa vie avait l’impression non plus d’une de ces rencontres sur un plan horizontal qui sont le fait des hommes [...], mais d’une rencontre infiniment plus rare, verticale avec un être d’une autre altitude et d’une autre densité.4

Ces propos démontrent bel et bien que l’homme a bien du mal à appréhender sa partenaire comme son égale. Rapidement, la femme prend son envol et son conjoint est contraint d’abdiquer. Ainsi, en quittant Moïse sur le quai, Églantine sent en elle monter un désir pour son autre compagnon, Fontranges :

1 Sodome et Gomorrhe, op. cit., p. 863. 2 Juliette au pays des hommes, op. cit., p. 843. 3 La Menteuse, op. cit., p. 742.

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Églantine, du fait qu’elle ressentait au double en ce moment les vertus de la femme qui reste : attachement, fidélité, voyait aussi, grossis deux fois, les périls qu’elle courait, grossies deux fois ses pensées pour Fontranges.1

La femme n’est plus la gardienne du foyer, elle le déserte et recouvre son indépendance. En effet, autrefois la maîtresse du foyer avait des occupations qui la maintenaient en quelque sorte dans un état de servitude. La facilité de la vie la débarrasse de toutes ces obligations et la plonge dans un état de vide intérieur :

À côté de cette solitude matérielle naît une solitude morale qui n’est pas moins grave.2

Ce mouvement d’émancipation dont rend compte Jean Giraudoux illustre l’une des particularités des années folles :

The war had introduced a radical transformation of French women’s lives and was viewed by many contemporaries as a watershed in the progress of female emancipation in France-le 89 des femmes-marking the massive entry of women into the formerly male dominated public sphere and heralding the années folles of the 1920s.3

La femme est dans l’univers de Jean Giraudoux celle qui prend l’initiative face à un homme fondamentalement ancré dans ses habitudes.

1 Églantine, op. cit., pp. 1075-1076. 2 La Française et la France, op. cit., p. 102.

3 The heroine as social redeemer in the plays of Jean Giraudoux, op. cit., p. 17.

Traduction proposée :

La guerre avait introduit une transformation radicale dans le mode de vie des femmes considérée par beaucoup de contemporains comme un réel progrès dans l’émancipation féminine, ce qu’on a appelé la révolution féminine ou le 89 des femmes. Cette période s’est caractérisée par une entrée massive des femmes dans des domaines réservés aux hommes annonçant de ce fait l’esprit des années folles.

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