La Mongolie est située au centre d’une vaste structure orogénique communément appelée dans la littérature la Ceinture Orogénique d’Asie Centrale (abrégé CAOB : Central Asian Orogenic Belt) (Coleman, 1989 ; Zonenshain et al., 1990 ; Mossakovsky et al., 1993, Badarch et al., 2002 ; Windley et al., 2007). Cependant, d’autres auteurs lui ont attribué les noms de Chaîne des Altaïds, de Ceinture Mobile d’Asie Centrale (Central Asian Mobil Belt) ou de Ceinture Plissée d’Asie Centrale (Central Asian Fold Belt) (e.g. Suess, 1908 ; Sengör et al., 1993 ; Sengör et Natal’in, 1996 ; Yakubchuk et al., 2001 ; 2004). Ce vaste domaine orogénique, qui s’étend d’ouest en est depuis la chaîne de l’Oural jusqu’en mer d’Okhotsk, est délimité par les cratons d’Europe de l’Est et de Sibérie, respectivement à l’ouest et au nord- est, et par les cratons du Tarim et de la Chine du nord (ou Sino-Koréen) au sud (Fig. 2.1). Ainsi, la Ceinture Orogénique d’Asie Centrale s’étend sur une partie du territoire Kazakh, le sud de la Sibérie, l’ensemble de la Mongolie, et les régions les plus septentrionales de la République Populaire de Chine.

Sur le plan géologique, la Ceinture Orogénique d’Asie Centrale correspond à un ensemble d’unités tectono-stratigraphiques, communément observées dans les chaînes de montagnes (Fig. 2.1). Elle contient des unités interprétées comme des arcs insulaires, des bassins d’avant- et d’arrière-arc, des prismes d’accrétion, des marges passives, ainsi que des unités ophiolitiques (e.g. Badarch et al., 2002). Cette ceinture s’est formée par l’accrétion successive de ces différentes unités, principalement contre les marges sud et est du craton sibérien (Suess, 1908 ; Sengör et al., 1993 ; Sengör et Natal’in, 1996). En effet, plusieurs études ont mis en évidence le rajeunissement vers le Sud depuis le craton de Sibérie des séquences mafiques et ultramafiques, dont certaines ont été interprétées comme des unités ophiolitiques, (Kepezhinskas et al., 1991 ; Buchan et al., 2002 ; Tomurtogoo et al., 2005), et du volcanisme d’arc (Zonenshain et al., 1990 ; Sengör et al., 1993).

Fig. 2.1 : Carte tectonique simplifiée de l’Asie illustrant l’étendue de la Ceinture Orogénique

Fig. 2.2 : Carte des principales unités tectono-stratigraphiques de la Ceinture Orogénique

d’Asie Centrale. Figure de Xiao et al. (2009) modifiée d’après Sengör et al. (1993) et Sengör et Natal’in (1996).

Badarch et al. (2002) ont proposé une carte répertoriant les principales unités tectono- stratigraphiques de Mongolie (Fig. 2.3). Selon ce modèle, deux principaux domaines d’accrétion seraient séparés par une limite structurale majeure appelée le linéament principal de Mongolie (Main Mongolian Lineament). Cette limite s’étend d’ouest en est, et se superpose approximativement à un alignement de rides montagneuses constituées par la chaîne du Gobi-Altaï. À l’Est, cette structure se perd sous les dépôts sédimentaires mésozoïques et tertiaires de la partie orientale du désert de Gobi et du bassin du Tamsag. Au Nord de cette limite, le socle de Mongolie est constitué par un ensemble d’unités s’apparentant à des arcs insulaires, des prismes d’accrétion, des marges continentales passives et actives ainsi que des portions de croûte continentale. Ce domaine nord se serait accrété avant la fin de l’Ordovicien pour former un ensemble stable (Badarch et al., 2002 ; Windley et

complexes d’accrétion siluriens, dévoniens et carbonifères (Lamb et Badarch, 1997). Le linéament principal de Mongolie serait une limite de plaques majeure à l’Ordovicien supérieur, sous laquelle de la croûte océanique aurait été subduite vers le Nord, au Paléozoïque supérieur (Windley et al., 2007).

Certains massifs cristallins de la Ceinture Orogénique d’Asie Centrale ont été interprétés comme d’anciens microcontinents (Zonenshain et al., 1990 ; Fedorovskii et al., 1995 ; Gordienko, 1996 ; Kozakov et al., 1997). En Mongolie, sept unités tectono- stratigraphiques d’affinité cratonique ont été proposées (Badarch et al., 2002). C’est le cas de l’unité de Gargan qui constituerait la bordure nord du microcontinent de Touva-Mongolie (Sengör et Natal’in, 1996 ; Buslov et al., 2001 ; Dobretsov et al., 2004). Des gneiss y ont été datés en U-Pb sur zircons à 2 Ga (Khain et al., 1995).

Fig. 2.3 : Carte des unités tectono-stratigraphiques de Mongolie (modifiée d’après Badarch

et al, 2002).

L’accrétion de la Ceinture Orogénique d’Asie Centrale s’est échelonnée sur près de 750 Ma, du début du Néo-Protérozoïque à la limite permo-triasique (e.g. Windley et al., 2007). Un basalte provenant du complexe ophiolitique de Nyurundukan à l’extrémité nord du lac Baïkal à donné un âge Sm-Nd sur roche totale de 1035 ± 92 Ma (Ritsk et al., 1999). Plus

témoigneraient de la présence d’un domaine océanique, appelé l’Océan Paléo-asiatique, au sud de la marge sud du craton sibérien. L’existence de ce domaine océanique est confirmée par la présence de roches liées à une dynamique de subduction, dès le Néo-Protérozoïque, le long de la marge sud du craton sibérien. En effet, Turkina (2002) a obtenu un âge de 1017 ± 47 Ma (U-Pb sur zircons) à partir d’un échantillon de tonalite, Kuzmichev et al. (2005) rapportent un âge de 800 ± 3 Ma (U-Pb sur zircons) obtenu sur une rhyolite d’arc, enfin Ritsk et al. (2001) ont fourni un âge de 812 ± 19 Ma (U-Pb sur zircons) pour un plagiogranite en intrusion dans une série volcanique d’arc.

L’accrétion de la Ceinture Orogénique d’Asie Centrale se serait achevée au nord de la Chine, par la fermeture de l’Océan Paléo-asiatique et la formation de la suture de Solonker, séparant le craton nord chinois au sud du bloc Mongolie au nord. L’âge de la fermeture de l’Océan Paléo-asiatique reste toutefois un sujet de controverse. Elle aurait eu lieu soit au Dévonien supérieur - Carbonifère inférieur (Tang 1990 ; Shao 1991 ; Xu et Chen 1997), soit au Permien supérieur (Hsü et al., 1991 ; Sengör et Natal’in, 1996 ; Xiao et al., 2003). Plus récemment, il a été proposé que la fermeture définitive de ce domaine océanique aurait eu lieu au Permien terminal. En effet, Wu et al. (2007) ont daté à environ 250 Ma le métamorphisme schistes verts et amphibolitique du groupe de Hulan, localisé au nord-est de la Chine, dans le prolongement de la suture de Solonker. Ils ont aussi daté un granite en intrusion dans cet ensemble à 248 ± 4 Ma. Cependant, Chen et al. (2009a) ont proposé que la suture de Solonker se soit formée entre le Permien et le Trias inférieur. Ils s’appuient sur la présence d’un granite non déformé, daté à 234 ± 7 Ma (U-Pb sur zircons), intrusif dans les roches déformées et métamorphiques de la suture. Selon eux, ce granite se serait mis en place immédiatement après la formation de la suture de Solonker, ce qui impliquerait une fermeture définitive de l’Océan Paléo-asiatique au Trias inférieur. Ceci est aussi argumenté par la datation d’un autre granite intrusif dans cette suture et daté à 239 ± 5 Ma (U-Pb sur zircons, Li et al., 2007b).

I dokument Attitudes matter Perceptions towards welfare work with migrants in Swedish welfare organisations Schütze, Carolin (sidor 80-83)