The menstrual product stigma in Sweden

I dokument Normalizing the Natural A study of menstrual product destigmatization Klintner, Louise (sidor 98-103)

4. The Mechanisms of Destigmatization

4.2. The menstrual product stigma and first steps toward destigmatization

4.2.2. The menstrual product stigma in Sweden

Les écrits poétiques et les réflexions de Bataille sont répandus dans son œuvre entière, mais c’est le recueil L’Archangéliques qui en résume les grandes lignes en rassemblant les poèmes de l’Expérience intérieure et de La Somme athéologique. Le recueil fidèle au style révolutionnaire ou à cette pensée destructrice de son auteur traduit une vision de l'expérience basée sur l'excès et la transgression. Georges Bataille, dans l'élaboration de ses poèmes, n'écarte pas la ligne négative qu'il imprime à son système de pensée :

Immensité criminelle Vase fêlé de l'immensité Ruine sans limites

Immensité qui m'accable molle Je suis mou

L’univers est coupable La folie ailée ma folie Déchire l'immensité Et l'immensité me déchire Je suis seul

Des aveugles liront ces lignes En interminables tunnels Je tombe dans l'immensité Qui tombe en elle-même

Elle est plus noire que ma mort.535

Dans ce poème sur lequel s'ouvre le recueil, on est frappé par la récurrence du mot « immensité » : « immensité criminelle », « vase fêlé de l'immensité », « immensité qui m'accable », « l'immensité me déchire », « je tombe dans l'immensité ». L'analyse du terme qui renvoie également à ce qui est « infini », « incommensurable » donc à « Dieu » contre qui, « accablé » le poète s'en prend, traduit de façon plausible le désir de souveraineté inhérent à sa poétique ; poétique qui pour lui ne s'inscrit nullement dans la limite. L'expérience intérieure menée par Bataille et qui est fondamentalement basée sur le principe nietzschéen de « la mort de Dieu » trouve toute sa manifestation dans la poésie comme l'illustre ce vers du poème « Aurore » : « je hais le ciel »536. Cette « haine » est encore plus perceptible dans La Somme

athéologique et plus précisément dans son chapitre consacré à l'expérience intérieure

Spectre en larmes ô Dieu mort

534 Ibid.

535 Georges Bataille, « Tombeau », L’Archangélique et autres poèmes, Paris, Éd. Gallimard, 1967, p.25. 536

130 œil cave Moustache humide Dent unique ô Dieu mort ô Dieu mort Moi Je te poursuivais De haine Insondable Et je mourais de haine Comme un nuage Se défait.537

On le voit, Bataille ne se contente pas uniquement de nier l'existence de Dieu ; il donne l'impression de le maintenir sous une forme de pensée, afin de mieux lui appliquer sa haine, son dégoût. Il n'hésite pas ainsi à le tourner en dérision en dénaturant le sens des paroles bibliques :

Tu te moqueras de ton prochain comme de toi-même538

Ce vers paraît assez révélateur du rejet bataillien du Dieu chrétien ; au lieu de « Tu aimeras ton prochain comme toi même » comme stipulé dans la Bible (Jean 13 :34) il opère un travestissement de l’écriture sacrée dans lequel le verbe « aimer », dont on sait l’importance dans cette religion, est évincé au profit d’une pure moquerie. Et lorsqu’il ne se moque pas, Bataille semble dans son expérience se substituer à Dieu :

Je suis le Père Et le tombeau Du ciel

Le néant n’est que moi même L’univers n’est que ma tombe539

Il va même jusqu’à lier sa mort à celle de Dieu pour montrer que ce dernier n’est que pure illusion, fruit de l’action de l’homme donc mortel :

A la main chaude Je meurs tu meurs Où est-il Où suis-je Sans rire Je suis mort Mort et mort Dans la nuit d’encre

537 Georges Bataille, « L’Expérience intérieure », L’Archangélique et autres poèmes, op.cit., p. 71 538 Ibid., « Nuit noire », p.133.

539

131

Flèche tirée Sur lui540

Au moyen de l’écriture poétique, il procède à une remise en cause, à une redéfinition de la perception de « l’inconnu absolu » qui, pour lui, ne tient pas dans l’appellation « Dieu ». « L’expérience intérieure répond à la nécessité où je suis – l’existence humaine avec moi – de mettre tout en cause (en question) sans repos admissible. [Elle] est la mise en question (à l’épreuve), dans la fièvre et l’angoisse, de ce qu’un homme sait du fait d’être ».541 Et il va même jusqu’au blasphème « Dieu n’est pas un curé, mais un gland »542. Ainsi devient-il manifeste que par la contestation radicale de toute transcendance, l’expérience conduit à une forme de spiritualité ouvrant sur le néant, le vide :

Je me représente : un objet d’attrait, La flamme

Brillante et légère

Se consumant en elle-même, S’annihilant

Et de cette façon révélant le vide, L’identité de l’attrait,

De ce qui enivre Et du vide.543

Cette question du vide relève du concept de non-savoir qui établit un parallèle avec l’expérience religieuse proche de l’état théopatique, état de contemplation profonde où l’être humain est censé s’approcher du divin sans pouvoir en acquérir l’expérience. Sauf que chez Bataille, elle n’aboutit à rien si ce n’est au vide, à « l’inconnu absolu », au non-savoir, savoir illimité, inachevé qui tend à ébranler les fondements du pouvoir et de la connaissance. Le non-savoir, selon lui, n’est pas un supplément du savoir scientifique ou divin ni un indice de connaissance imparfaite, mais l’expérience de l’impossible immanence, la passion de l’ignorance, de l’inconnaissable, de l’impénétrable, l’effondrement de la pensée discursive. Et c’est dans ce cadre qu’il relativise la notion de « Dieu » ; « Dieu » qu’il dépossède de ses attributs en soulignant qu’il n’est qu’un « effet du non-savoir ». La dénégation de la transcendance par son rejet pur et simple entraine par ricochet et de manière inévitable une prise de distance vis-à-vis des principes et des concepts qui s’en réclament. Une telle attitude renvoie, chez Bataille, au concept de transgression ou de violation des interdits. Et il apparaît clairement que le caractère érotique de sa poésie en est une des expressions les plus abouties.

540 Ibid., « Dieu », p.76.

541 L’Expérience intérieure, Œuvres Complètes, t.V. p.16. 542 Ibid.

543

132 En tournant le dos au christianisme et à ses dogmes qu’il juge incompatibles à une expérience spirituelle vraie, il se sent plus proche des religions anciennes notamment orientales.

Son œuvre poétique à l’instar de la logique qu’il développe, consacre une large part à l’expérience érotique. Bataille fait de l’érotisme une religion qui reste intimement liée à la mort et L’Archangélique le montre assez régulièrement :

Je te trouve dans la mort Tu es le gel de ma bouche Tu as l'odeur d'une morte

Tes seins s'ouvrent comme la bière Et me rient de l'au-delà

Tes deux longues cuisses délirent Ton ventre est nu comme un râle Tu es belle comme la peur Tu es folle comme une morte544

Les images de corps nus, surtout celles décrivant la femme, ses parties sensuelles ont pour ainsi dire une valeur spirituelle. La nudité par la transgression qu'opère son dévoilement, permet d'ouvrir un espace sacré dans lequel l'être parvient à la pleine réalisation, libéré qu'il est des contraintes de tous ordres, sociales ou religieuses. « Les poèmes érotiques de Georges Bataille relèvent de sa vision extatique de l'homme acéphale pour lequel ce sont les murs de notre esprit qu'il faut d'abord abattre »545. Il rassemble des termes qu’il est difficile d’associer dans l’entendement général :

Le ciboire sur les seins nus Mon cul souille la nappe de l'autel Ma bouche implore ô Christ La charité de ton épine.546

Le « cul » sur « l’autel » ou encore le nom du « Christ » dans une telle envolée érotique, témoignent de ce que Bataille a passé le cap du non-retour. Cette poésie, avouons-le, a partie liée au blasphème et ce passage le démontre bien, Bataille introduit la souillure au cœur même de l'espace sacré qu’est l'église représentée ici de manière symbolique. On pourrait dire également qu'il tourne en dérision le sacrifice « christique » par un euphémisme relativisant ou niant sa valeur ainsi que la douleur et la souffrance qui y sont implicitement rattachées. Pour qui s'intéresse quelque peu à la pensée de Bataille, ses positions radicales ne sont guère surprenantes. En réalité, il a combattu durant toute sa vie le catholicisme de sa jeunesse et le christianisme qu'il dénonce en raison du dénigrement de la nature animale de

544 Georges Bataille, « L’Aurore », L’Archangélique et autres poèmes, p.44.

545 Michel Camus, Préface à Georges Bataille, Poèmes et nouvelles érotiques, Paris, Mercure de France, 1999, p.9.

546

133 l'homme, de l'association de l'acte sexuel à l'impureté et les manifestations de la chair à la malédiction. L'angoisse de la tentation, la complémentarité du rapport entre le Dieu de la raison, garant de l'interdit et l'impératif sacral de l'enfreindre, de profaner le bien, témoignent de ses références chrétiennes et de l'imprégnation de sa pensée par la morale du christianisme : « la nature chrétienne est en même temps la tentation (ce qu'il faut surmonter) et l'ordre (auquel il faut rester soumis) dissimulé sous les apparences tentatrices »547.

L’érotisme tout en s’appropriant l'idée de la mort, reprend également à son compte la notion de violence. Et il est peu d'affirmer que ces deux concepts sont omniprésents dans sa poésie :

Du fond de la douleur, je t'appelle Avec un cri inhumain

Tu m'étrangles comme la mort548 Je sais cela misérablement Je ne te trouve qu'angoissant Tu es belle comme la mort549

L’omniprésence de la mort est assez remarquable dans L’Archangélique. On y voit en effet de nombreuses références : « j'aime la mort », « Noire mort, tu es mon pain », « la mort habite mon cœur ». À l'analyse, et ceci est notre conviction propre, les poèmes de Georges Bataille peuvent être considérés dans leur ensemble comme un hymne à la mort dont l'érotisme n'est que le « véhicule ». Cette affirmation se fonde sur le constat spécifique que nous faisons au vu de l'abondance du champ lexical se rapportant à la mort c'est-à-dire l'univers macabre, ténébreux, qui préfigure dans le recueil. Le titre du premier poème « Tombeau » est assez illustratif :

L’excès de ténèbres Est l'éclat de l'étoile

Le froid de la tombe est un dé La mort joua le dé

Et le fond des cieux jubile De la nuit qui tombe en moi Je suis mort

Et les ténèbres

Alternent sans finir avec le jour550

547 Andréas Papanikoulaou, Georges Bataille, op.cit. p.231.

548 Georges Bataille, « Tombeau », L’Archangélique et autres poèmes, p.25. 549 Idem., « ô crâne », Poèmes et nouvelles érotiques, op. cit., p.25.

550

134 Il appert que ces références fréquentes à la mort ne sont pas sans importance dans l'expérience intérieure. Bataille ajoute :

C’est en mourant que, sans fuite possible, j'apercevrai le déchirement qui constitue ma nature et dans lequel j'ai transcendé ce qui existe. Tant que je vis, je me contente de va-et-vient, d'un compromis. Quoique j'en dise je me sais l'individu d'une espèce et, grossièrement je demeure d'accord avec une réalité commune ; je prends part à ce qui, de toute nécessité, existe, à ce que rien ne peut retirer. Le moi=qui=meurt abandonne cet accord : lui, véritablement, aperçoit ce qui l'entoure comme un vide et soi-même comme un défi à ce vide ; le moi=qui= meurt se borne à pressentir le vertige où tout finira.551

Dans cette même logique, Bataille ajoute que « le moi=qui= meurt, s'il n’est parvenu à l'état de souveraineté morale, dans les bras mêmes de la mort maintient avec les choses une sorte d'accord en ruine. [...] Séduction, puissance, souveraineté, sont nécessaires au moi=qui= meurt : il faut être un dieu pour mourir »552. La mort en ce sens constitue une sorte de tremplin par lequel l'on accède à la réalisation de soi, à la vérité : « Dans le halo de la mort et là seulement le moi fonde son empire ; là se fait jour la pureté d'une exigence sans espoir ; la se réalise l'espoir du moi=qui= meurt (espoir vertigineux, brûlant de fièvre, où la limite du rêve est reculée) »553, « le moi n'est libéré que hors de soi »554 c'est une fonction de libération que Bataille attribue à la mort ; elle perd ainsi à ses yeux toute valeur « monstrueuse » ou « diabolique » devenant même « terriblement désirable » :

Mon amante la mort Étoile de chaux vive Cœur de glace cœur d'eau Cœur aux cheveux de givre Étoile de cendres

Silence sans lèvres555

C’est donc de tous ses vœux que le poète appelle la mort, du moins il se laisse bercer par son « charme » afin d’échapper au carcan social dans lequel il se voit entravé par les règles et les interdits :

Je ne veux plus, je gémis Je ne peux plus souffrir Ma prison

Je dis ceci Amèrement

Mots qui m’étouffent

551

Id., L’Expérience intérieure, p.86. 552 Ibid.

553 Ibid. 554 Ibid. 555

135 Laissez-moi Lâchez-moi J’ai soif D’autre chose Je veux la mort […] Je hais

Cette vie d’instrument Je cherche une fêlure Ma fêlure

Pour être brisé.556

L’une des manifestations les plus abouties de cette volonté de se libérer du « pressoir » social et qui est assez patente dans la poésie de Bataille reste indubitablement la violence et la cruauté qui la caractérisent assez souvent et qui s’inscrivent dans sa tentative de faire revivre, par l’évocation poétique, la dimension sacrificielle des rites anciens. « Corps blessé, corps perdu, corps dépensé. Lorsque tout a été dépensé sans mesure, le sujet éclaté, éperdu, est à son sommet, tâche aveugle du corps, tâche aveugle qu’est ici le corps perdu où il n’y a que non- savoir et intensité brulante ».557 Ainsi, cette violence, loin d’être désincarnée, c’est-à-dire détachée du corps ou de la chair, y trouve au contraire un lieu d’expression :

Le canon tonne dans le corps Et la foudre dans l’œil de bronze

Malheur ! le sang coule de mes seins, mon gosier S’ouvre à la mort sur un mauvais roucoulement558

L’évocation des chairs déchiquetées, du sang et de la violence qui les occasionne, rappelle vaguement le style d’écriture du Marquis de Sade de qui, vraisemblablement, Bataille semble s’être inspiré. Avec Sade, on assiste à une profanation du corps par l'intrusion violente de l'animalité et de la souillure subséquente. Sade imagine une utopie sexuelle où les êtres humains sont réduits à leurs organes génitaux et rabaissés au rang d'objet voluptueux en proie à une agressivité incoercible dont l'aboutissement logique est le meurtre, le viol et l'extermination physique et spectaculaire de l'autre. Georges Bataille n'en pense pas moins avec l'apologie de la mort et de la violence relevée dans l'Archangélique :

J’aime la mort je la convie Dans la boucherie de Saint-Père559 Flamme de nuit

556 Georges Bataille, L’Expérience intérieure, La Somme Athéologique, op.cit. p.70 557 Alain Arnaud, Georges Bataille, op. cit. p.82.

558 Georges Bataille, « La Foudre », Poèmes et nouvelles érotiques, op.cit. p.31. 559

136

Jambe sciée

Cervelle nue et pied nu Le froid le pus la nuée Le cerveau mouche du sang560 Ventre ouvert

Tête enlevée561

Cette philosophie de Sade que Bataille revendique doit entraîner la possibilité pour l'homme « de lier ouvertement non seulement son intelligence et sa vertu, mais sa raison d'être à la violence et à l'incongruité de ses organes excréteurs, comme à la faculté qu'il a d'être excité jusqu'aux transes par des éléments hétérogènes, a commencé vulgairement dans la débauche »562 ; cette abolition doit également conduire à « la revendication radicale et à la pratique violente d'une liberté morale conséquente »563 et mettre en branle un mouvement « qui entraîne les êtres humains vers une conscience de plus en plus cynique du fait érotique qui les rattache à la mort, aux cadavres et aux horribles douleurs des corps ».564 La justification de tout cela étant que : « c'est le propre de l'homme de jouir de la souffrance des autres ».565 En essayant de rester fidèle à cette conception de Georges Bataille, Andreas Papanikoulaou affirme que :

La négation extrême de l'autre est un présupposé fondamental pour l'accroissement de l'intensité de la passion et de la jouissance débordant l'être, les liens de solidarité et la réciprocité interhumaine constituant une limitation, un signe de faiblesse qui prive le sujet de la pleine actualisation de ses forces et de la délectation morbide que procure l'exercice libre de la violence exacerbée sur l'autre.566

Malgré l'excès la déraison et la théologie du mal qui caractérisent Sade, Bataille est fasciné par l'aspect souverain de sa littérature, par « l'éclosion de l'individu intégral » qui fait émerger à la conscience de l'humanité le fond de violence démesurée, enfouie par la civilisation du travail, du projet et du progrès confinant l'être aux limites de la raison et de l'esprit de conservation tout en privant l'homme de la possibilité de se connaître devant l'abîme de son désir, hors de toute limite. « C'est la grandeur de Sade d'avoir saisi que le plaisir supposait, exigeait la négation de ce qui fait le possible de la vie, et qu'il était d'autant

560 « La Discorde », L’Archangélique op.cit., p.92. 561 Ibid.

562 Georges Bataille, « La valeur d’usage de D.A.F de Sade », œuvres complètes, t. II, p.65.

563

Ibid., p.66. 564 Ibid., p.68. 565 Ibid., p ;69. 566

137 plus fort que la négation, plus violente, portait sur des objets qui incarnaient avec plus de charme le possible de la vie ».567

Le fondement de la réflexion de Sade est une expérience commune, celle de la sensualité, qu’il particularise cependant en la poussant à l'extrême. La sensualité s'éveille « non seulement par la présence de l'objet, mais par une modification de l'objet possible »568. Autrement dit, une impulsion érotique est un déchaînement déclenché par le déchaînement de son objet : tel est le lien secret qui existe entre la débauche érotique et le crime, lequel, en détruisant l'objet, le déchaîne du même coup, « décompose les figures cohérentes qui nous établissent [...] en tant qu'êtres définis »569. « L'imagination de Sade, écrit Bataille, a porté au pire ce désordre et cet excès ».570 Cette imagination n'a pas produit des objets de contemplation ou des livres qui se lisent dans la sérénité qui sied à la méditation, mais elle a engendré des œuvres qui engagent le corps. Elle a produit des images qui frappent, irritent, des images qui saignent, des images qui puent, écœurent jusqu'à la nausée et cela « donne à l'instar d'une douleur aiguë une émotion qui décompose et tue »571. Dans l’œuvre de Sade, les

Cent vingt journées, il n’est rien que l’imagination ne bafoue, ne souille et ne blasphème.

Bataille souligne à dessein que « ce livre est le seul où l’esprit de l’homme est à la mesure de ce qu’il est »572. Autrement dit, ce livre est pour lui une preuve que c’est dans « l’égarement de la sensualité [que] l’homme opère un mouvement d’esprit où il est égal à ce qu’il est »573.

Avec une démarche copiée sur Sade et doublée d’un désir personnel de liberté, Bataille ouvre une voie pour le moins atypique. Sa démarche n’est pas religieuse quoique touchant à la religion. Mais elle s’insère dans le moule premier des religions c’est-à-dire dans l’idée du sacré. Sa conception du sacré n'est pas étrangère à celle de Rudolf Otto qui « rattache le sacré à une structure émotionnelle à priori, le numinosiom, qui se rapporte à l'impression qu’à la conscience d’être conditionnée par une force indépendante de sa volonté,

567

Georges Bataille, « Sade, 1740-1814 », œuvres complètes, t. XII, p.298-299.Lors du procès de Jean-Jacques Pauvert pour la publication de l'œuvre de Sade, Georges Bataille allègue dans son témoignage que « pour quelqu'un qui veut aller jusqu'au fond ce que signifie l'homme, la lecture de Sade est non seulement

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