Analysing the 1695 cadastre

I dokument A land of one’s own (sidor 137-140)

6.3.1 Évolution des barres sableuses

Avant l’installation de l’atténuateur de houle, le Lido de Sète était caractérisé par un système double barres (Fig. 6.4a-d). La barre externe apparaît linéaire et bien développée dans le secteur Nord-Est (NE Fig. 6.4, 1250 m < Y < 2550 m) avec une crête avoisinant 3 m de profondeur positionnée environ à 250 m du rivage. Cette barre disparaît en s’aplatissant progressivement en allant vers le secteur Sud-Ouest (SO Fig. 6.4, -1000 m < Y < 500 m). Dans le secteur NE, la barre interne apparaît plus proche du bord avec selon la date une géométrie assez linéaire (Fig. 6.4a et c) ou au contraire présentant des croissants bien développés d’une longueur d’onde d’environ 400 m (Fig. 6.4b et d). Dans le secteur SO, la barre interne est plus linéaire avec des formes très légèrement festonnées caractérisées par des longueurs d’ondes plus importantes (∼ 1000 m). La crête de la barre interne atteint 2 m de profondeur dans ce secteur alors qu’elle atteint 0.6 m au niveau des cornes du secteur NE. Entre août 2009 et septembre 2011 (Fig.

6.3 Suivi topo-bathymétrique de la plage 103

Fig. 6.4 Vue en plan montrant les évolutions morphologiques de la plage. Chaque bathymétrie est interpolée sur une grille régulière 5 x 5 m à partit des levés écho- sondeurs ou LiDAR décrits section 4.3.2

6.4b et d), dans le secteur SO la barre interne migre vers le large d’une cinquantaine de mètres alors que dans le secteur NE, elle se maintient proche du rivage avec certaines cornes de croissant qui restent accolées à la côte.

L’installation de la structure en janvier 2013 a eu un impact très important sur la morphologie des barres d’avant-côte. Dans le secteur protégé, la barre interne s’oriente de façon parallèle à l’atténuateur de houle environ 1 an après son installation (Fig. 6.4f). Cette rotation semble s’être faite par la migration vers le large de la barre sableuse à l’extrémité NE de la structure. Les croissants réguliers ont totalement disparu même si des irrégularités peuvent être observées ponctuellement (Fig. 6.4g). Dans le secteur SO, la barre interne poursuit sa migration vers le large ce qui entraîne la rupture en décembre 2013 du système de barre entre le secteur protégé par l’atténuateur de houle et la côte adjacente SO. Pendant l’épisode NOM (Net Offshore Migration), toujours dans le secteur SO, une nouvelle barre sableuse se forme progressivement à la côte en hiver 2013 (Fig. 6.4e-f). Une fois suffisamment développée et éloignée du rivage, la barre se rattache à celle du secteur NE pour ne former qu’un seul banc de sable parallèle à la structure (Fig. 6.4g).

Fig. 6.5 Position du trait de côte par rapport au pied de la ganivelle avant et après la mise en place de l’atténuateur de houle. Les traits de côtes sont extraits à partir des cartes topo-bathymétriques illustrées Fig. 6.4. La zone grisée schématise l’emplacement de l’ouvrage atténuateur de houle installé début 2013.

6.3.2 Évolution du trait de côte

Les positions des différents traits de côtes sont extraites des différents levés avant et après la mise en place de l’atténuateur de houle (Fig. 6.5). Initialement, dans le secteur NE, en raison du couplage avec la barre interne très tridimensionnelle, on observe des sinuosités très marquées sur le trait de côte. Par exemple, certaines portions de plage varient entre 35 et 50 m de large en septembre 2011. On remarque ici un couplage en opposition de phase avec la barre interne (Fig. 6.4b et d). Les cornes de croissant de barre font face à des avancées du trait de côte, tandis qu’au centre des sinuosités de barre, le banc de sable est bien mois développé et surtout plus éloigné du rivage entrainant le trait de côte à adopter une forme de baie.

Avant l’installation de la structure, toujours dans le secteur NE, le trait de côte apparaît en fort recul (plus de 35 m en 8 ans sur certaines sections entre avril 2005 et mars 2013, Fig. 6.5). Cette tendance érosive se renverse au cours de l’automne 2014 avec une avancée du trait de côte de plus de 10 m en une année dans le secteur protégé par l’ouvrage. Les sinuosités du trait de côte ont disparu pour laisser place à une plage plus large et d’avantage linéaire en octobre 2014. Un an et six mois après le rechargement sableux (levé de juin 2016) on observe une avancée du trait de côte d’environ 5 à 10 m. Dans le secteur adjacent (zone SO), le trait de côte subit un recul d’une dizaine de mètre entre septembre 2011 et novembre 2013. Cette érosion semble à première vue être reliée à la formation de la nouvelle barre qui découle du cycle NOM (Fig. 6.4e, f et g).

6.3 Suivi topo-bathymétrique de la plage 105

Fig. 6.6 Différentiel bathymétrique (dz) avant et après installation de l’atténuateur de houle (octobre 2014 - septembre 2011). Le trait pontillé noir indique la position initiale de la barre interne en septembre 2011.

6.3.3 Dynamique sédimentaire

Les changements de morphologies observés dans le chapitre précédent impliquent forcément d’importants mouvements sédimentaires. La dynamique de ces sédiments peut être grossièrement synthétisée par un différentiel bathymétrique (Fig. 6.6) réalisé à partir des levés LiDAR entre septembre 2011 et octobre 2014 (soit respectivement 15 mois avant et 11 mois après l’installation de l’ouvrage atténuateur de houle). De grosses variations dans les motifs d’érosion et accrétion sont observées (entre +2 et -3 m).

Dans la zone protégée par la structure (secteur NE), on observe au niveau de la barre interne une alternance érosion/accrétion sur le longshore qui résulte de la linéarisation de la barre interne suite à la mise en place de la structure. Les cornes de barre initialement accolée à la côte s’érodent et semblent migrer vers le large tandis que les ventres des croissants migrent vers le bord. Sur le secteur le plus à l’Est (2000 < Y < 2500), la barre interne initialement inexistante accumule du sédiment ce qui alimente le processus de rotation de la barre. La barre interne se retrouve alors linéaire et parallèle à la structure. Une importante érosion est notée derrière la structure (∼ 2 m). Le sédiment qui composait l’ancienne barre externe initialement bien développée dans ce secteur semble avoir migré vers le bord. Au contraire, à l’extrémité Est de l’atténuateur de houle, la barre externe migre vers le large pour venir s’accoler à la structure immergée. Sur la côte adjacente (secteur SO), le motif érosion/accrétion uniforme sur le longshore illustre la migration offshore de la barre interne. Plus proche du rivage, une accrétion importante est observée qui illustre bien la formation de la nouvelle barre à la côte pendant le cycle NOM. La formation de cette nouvelle barre ne peut avoir lieu qu’en empruntant du sédiment dans la zone du trait de côte ce qui produit finalement l’érosion du bas de plage.

Fig. 6.7 Évolution des profils de plage Y2000 et Y0 en fonction de la distance cross- shore. Les profils sont extrait des cartes topo-bathymétriques illustrées Fig. 6.4.

Des informations plus détaillées sur les changements morphologiques des profils de plage sont fournies Fig. 6.7. La structure fut initialement installée dans le secteur NE à 70 m au large de la crête de la barre externe (Fig. 6.7, panel de gauche). De façon claire, la barre externe initiale disparaît suite à la mise en place de la structure pour laisser place à une fosse de plus de 5 m de profondeur. Cet important volume de sédiment semble migrer vers le rivage et venir engraisser progressivement le dos de la barre interne. Le profil de novembre 2013 est particulièrement révélateur de la migration vers la côte de la barre externe. La position cross-shore de la barre interne reste assez stable au cours du suivi jusqu’à l’épisode de rechargement de plage qui semble provoquer le développement et la migration vers le large de la barre (profil de juin 2016). Au niveau du trait de côte, on observe une tendance érosive avant la mise en place de l’ouvrage. Cette tendance s’inverse au cours de l’automne 2014 avec une plage qui gagne 25 m de large en une seule année. Ce gain de plage n’est pas uniforme sur le longshore (Fig. 6.5). Après rechargement de la plage, le trait de côte gagne 10 m vers le large même si la plus grande partie du sédiment semble avoir migré dans la fosse interne faisant décroître la pente de plage parvenant même à venir alimenter le barre interne plus au large.

Sur la côte adjacente, la migration offshore de la barre interne est accompagnée par une réduction de sa hauteur de crête (Fig. 6.7, panel de droite). La barre interne migre vers le large de ∼ 60 m en 25 mois (août 2009 à septembre 2011). Une seconde migration importante de ∼ 40 m a lieu entre septembre 2011 et décembre 2013 (27 mois). Suite à cela, la barre reste à sa position mais perd de la hauteur (∼ 50 cm entre octobre 2014 et juin 2016) et continue de s’aplatir progressivement depuis. L’épisode de migration vers le large (NOM ) est accompagné par le développement d’une nouvelle barre à la côte qui induit le recul du trait de côte sur ∼ 15 m entre septembre 2011 et novembre 2013. La nouvelle barre migre définitivement vers le large à la fin du cycle (∼ 50 m entre octobre 2014 et juin 2016).

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